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dimanche 1 novembre 2026
L’Otan: la chute de l’alliance?
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Géopolitique

L’Otan: la chute de l’alliance?

Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, une dichotomie progressive s’est installée entre l’Union européenne et les États-Unis. Cette fracture, d’abord politique et diplomatique, fragilise aujourd’hui de manière structurelle l’une des alliances militaires les plus importantes de l’histoire contemporaine : OTAN.

Aimée Ndui2 avril 2026

Aux origines de l’OTAN

Création de l’OTAN

Pour comprendre les tensions actuelles, il est essentiel de revenir sur la nature même de la création de l’Alliance atlantique. Fondée en 1949 avec la signature du traité de Washington, l’OTAN naît dans un contexte de recomposition géopolitique mondiale marqué par la fin de la Seconde Guerre mondiale et l’émergence d’un ordre bipolaire. D’un côté, les démocraties libérales occidentales, menées par les États-Unis ; de l’autre, le bloc communiste dominé par l’Union soviétique.

La montée des tensions entre ces deux blocs pousse les États européens à envisager une coopération militaire renforcée. Le Coup de Prague, au cours duquel les communistes prennent le pouvoir en Tchécoslovaquie en 1948, agit comme un électrochoc. Il alimente la crainte d’une expansion soviétique en Europe occidentale. Dans ce contexte, le Winston Churchill, déjà engagé dans une réflexion sur la sécurité collective, encourage la mise en place d’une alliance de défense mutuelle. Cette dynamique se concrétise avec le traité de Bruxelles du 17 mars 1948, instituant l’Union occidentale. Mais c’est le blocus de Berlin, orchestré par Joseph Staline, qui achève de convaincre les Européens de la nécessité d’un engagement américain durable. Les États-Unis, conscients de leur rôle stratégique, conditionnent leur implication à une meilleure organisation politico-militaire des Européens. L’adoption de la résolution Vandenberg en juin 1948 ouvre ainsi la voie à une alliance militaire en temps de paix, aboutissant à la création de l’OTAN.

Le principe fondamental de cette organisation repose ainsi sur l’article 5 du traité de Washington, qui consacre la défense collective : toute attaque contre un membre est considérée comme une attaque contre tous. Ce mécanisme a ainsi longtemps constitué le pilier de la sécurité transatlantique.

Le declin des relations europe-USA

Depuis la fin de 2025, l’OTAN traverse une crise d’une ampleur inédite. Les tensions entre les États-Unis et leurs alliés européens se cristallisent autour du conflit impliquant l’Iran mais pas seulement.

Assurément dans de nombreuses déclarations, leprésident Donald Trump a exprimé son mécontentement face au refus de plusieurs États européens notamment la France, l’Espagne et l’Italie de soutenir militairement les opérations américaines ou de faciliter le transit de matériel stratégique vers le Moyen-Orient. Cette situation a conduit à une escalade verbale et politique. Des menaces de retrait des États-Unis de l’OTAN ont été évoquées, remettant en question le rôle traditionnel de Washington comme garant de la sécurité européenne.

Au-delà du désaccord ponctuel sur l’Iran, cette crise s’inscrit dans une détérioration plus large des relations transatlantiques. Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a multiplié les pressions sur ses alliés : augmentation des dépenses militaires exigée des Européens, imposition de droits de douane sur les exportations de l’Union européenne, et même des déclarations controversées concernant une possible prise de contrôle du Groenland, territoire autonome du Danemark.

Ainsi, au regard de ces désaccords , une question cruciale se pose de ce fait : quel serait l’avenir de l’OTAN sans les États-Unis ?

Je n’ai jamais été influencé par l’OTAN. J’ai toujours su qu’il s’agissait d’un tigre de papier, et Poutine le sait aussi, d’ailleurs ( Donald TRUMP)

Il est clair que les États-Unis occupent une place centrale au sein de OTAN. Ils sont la première puissance militaire de l’Alliance, tant par leur budget que par leurs capacités stratégiques et technologiques. Derrière eux, des pays comme la Turquie ou encore la France disposent de forces importantes, mais qui restent largement inférieures à celles de Washington. De ce fait, une éventuelle sortie des États-Unis représenterait donc une perte majeure pour l’OTAN. L’Alliance perdrait des capacités militaires de premier ordre, notamment en matière de projection de puissance, de commandement et de dissuasion.

Au-delà de l’aspect militaire, c’est également la crédibilité même de l’organisation qui serait fragilisée. Depuis sa création, l’OTAN repose en grande partie sur la garantie sécuritaire américaine. Sans ce pilier, l’organisation verrait son rôle historique profondément remis en cause.

Cependant, bien au-delà des divergences d’opinions, ces désaccords ne signifient pas nécessairement la fin de l’OTAN. Ils n’impliquent pas non plus sa disparition immédiate. Il s’agirait plutôt, pour les autres États membres, notamment la Turquie et la France, de s’accorder et de repenser leurs capacités militaires. Cette dynamique expliquerait d’ailleurs les nombreux discours européens ainsi que le renforcement progressif des capacités de défense sur le continent. À titre d’exemple, la France a récemment engagé une politique visant à consolider ses moyens militaires, notamment dans une perspective de dissuasion. Ainsi, la distorsion observée entre les États-Unis et l’Union européenne ne conduirait pas inévitablement à la disparition de l’OTAN au sens strict. Elle pourrait toutefois entraîner une détérioration des relations transatlantiques. Néanmoins, si les États européens parviennent à s’unir véritablement et à renforcer de manière coordonnée leurs capacités militaires, ils pourraient, à terme, assurer la pérennité de l’organisation.

Ainsi, la crise actuelle de l’OTAN dépasse le simple cadre d’un désaccord conjoncturel. Elle révèle une transformation profonde des équilibres transatlantiques et pose la question de l’avenir même de la sécurité collective en Europe.